Fashion Day Revolution, rencontrez les artisans et collaborateurs d’Afrika Tiss

     La « Fashion Revolution Week », mouvement éthique et social porté par des acteurs de la mode engagée, a été mis en place par le collectif Fashion Revolution suite à l’effondrement en 2013 au Bangladesh d’une usine textile entraînant plus de 1 000 morts et 2 000 blessés. Soutenu par de grands noms de la mode comme Stella McCartney, ces fashion day revolution ont pour objectif de sensibiliser consommateurs, professionnels et gouvernements et permettre une prise de conscience générale sur les conséquences sociales, humaines et environnementales de la fast fashion. Ainsi, le collectif Fashion Revolution milite pour une industrie de la mode plus éthique, c’est-à-dire respectueuse à la fois de l’environnement et de l’humain.

    De cette volonté est née le mouvement « Who Made Your Clothes ? » qui a pour mission de  mettre la lumière sur les conditions de fabrication dans l’industrie de la mode, la provenance ou encore l’impact global de nos vêtements et accessoires.

    Afrika Tiss, à son échelle, souhaite être actrice de ces fashion day revolution. Comme vous le savez nos valeurs de solidarité, d’échange culturel et d’éco-responsabilité nous permettent depuis maintenant 5 ans de vous offrir des collections de qualité, respectueuses de l’homme et de l’environnement.

    C’est donc avec conviction que nous participons cette année encore au mouvement «Who Made Your clothes? » en collaboration avec nos artisan(e)s. Nous donnons la parole à un artisan réfugié Touareg, un maroquinier et un sérigraphe qui participent activement à la confection de nos collections depuis plusieurs années.

       Abdoulkarim IBRAHIM, 34 ans d’expériences en cordonnerie et maroquinerie

    Nous collaborons avec Abdoulkarim depuis 1 an sur des modèles de sac et des corbeilles en cuir.

    Abdoulkarim a commencé sa carrière par la cordonnerie. Il a suivi une formation et a commencé à exercer en 1986. Ensuite, il s’est intéressé à la maroquinerie. Après une seconde formation, il débute ce métier en 1996 dans un atelier. En 2000, il est embauché dans une usine de tannerie et de confection d’articles en cuir. Il y reste plus de 10 ans avant de s’installer à son compte dans son atelier actuel.

    Bien qu’issu d’une caste ne permettant pas d’exercer un tel métier, Abdoulkarim a choisi sa profession par passion. Ce qu’il aime dans son travail c’est le résultat final. Il apprécie également les rencontres qu’il fait avec des personnes venant de différents horizons.

Un bon cordonnier et maroquinier c’est quoi ?

    Pour Abdoulkarim c’est important de savoir faire le travail du début à la fin, c’est à dire du gabarit aux finitions.  » Certains ne sont pas modélistes, ils découpent les pièces mais ont du mal à avoir une vision d’ensemble  » . Par exemple un cordonnier doit aussi savoir faire des semelles.

Abdoulkarim IBRAHIM, maroquinier et cordonnier collaborant avec Afrika Tiss.

« J’ai des envies, des ambitions, je suis dans la formation et j’aimerais ouvrir un centre de formation en maroquinerie et cordonnerie. Mais mes moyens sont limités, c’est compliqué de réaliser ça. »

     Martial SAWADOGO R., 18 ans d’expériences en calligraphie et sérigraphie

    Martial réalise la partie sérigraphiée de nos cabas et trousses Anouk. Nous collaborons avec lui depuis 3 ans.

    Il a appris le métier de sérigraphe en apprentissage dans un atelier. Au cour de sa carrière, il a expérimenté différents domaines, comme l’électronique. Son choix s’est finalement porté vers la sérigraphie, car il aime le travail de l’image.

    Martial aime tout réaliser dans la sérigraphie (fabrication des cadres, retouche des images, etc). Son métier fait parti de lui même, il ne peut pas vivre sans.

Un bon sérigraphe c’est quoi ?

    Selon lui, l’idéal est d’atteindre un certain niveau d’étude. Ce niveau n’est pas une nécessité absolue mais certaines connaissances en chimie ou en informatique sont utiles à la pratique et la compréhension du métier.

sculpture en bronze

Martial SAWADOGO R., sérigraphe et calligraphe collaborant avec Afrika Tiss.

« Je profite pour faire un coup de gueule. Une chose m’agace aujourd’hui c’est le fait de vouloir réussir sans travailler. Ça touche la jeunesse et tous les domaines sont touchés. Par exemple l’apprentissage, les jeunes croient savoir, ils s’installent, ouvrent leur atelier, mais ils détruisent le métier et se détruisent eux mêmes. Pour moi seul le travail paie. »

     Abdoul AG SOUSSALE, artisan Touareg issu d’une famille travaillant le cuir

    Abdoul réalise la pose du cuir sur nos articles Design For Peace (boucles d’oreilles, bracelets, canisters, bols, etc). Il travaille avec nous depuis 2 ans.

    Il a appris ce métier par sa famille mais aussi grâce à une formation suivie au Niger. C’est un métier familial transmis de génération en génération.

    Abdoul aime ce métier car c’est celui de sa famille. Pour lui si ce n’est pas ce métier ou celui de forgeron, ce n’est pas un « bon » métier.

Un bon artisan du cuir c’est quoi ?

    L’artisan du cuir doit respecter son travail, se concentrer pour le faire bien et toujours améliorer la qualité.

Abdoul AG SOUSSALE, artisan travaillant le cuir chez Afrika Tiss.

« Notre travail c’est très important parce que c’est très important de rester dedans (de ne pas changer de travail et de continuer à l’exercer) parce que dans ça on vit (c’est le travail qui fait vivre). »

Rencontrez-les !

    La Fashion Revolution Week est pour nous, l’occasion de vous présenter une partie des personnes avec qui nous travaillons. Après avoir présenté les femmes avec qui nous travaillons, c’est au tour des hommes avec : Abdoulkarim IBRAHIM, un cordonier et maroquinier ; Martial SAWADOGO R., un sérigraphe et calligraphe et Abdoul AG SOUSSALE, un artisan touareg travaillant le cuir. Vous souhaitez en savoir plus sur notre association et bénéficier de nos offres AfrikaTiss ? Inscrivez-vous à notre newsletter en bas de page.