Première session de formation au tissage dans le Centre

Première session de formation au tissage dans le Centre d’Afrika Tiss
du 16 au 28 septembre 2013

    Lundi 16 Septembre 2013, le centre d’excellence textile d’Afrika Tiss ouvre ses portes pour y accueillir les 10 femmes stagiaires participant à la première session de formation intitulée « Initiation et perfectionnement à de nouvelles techniques de tissage ».

    Aïcha Ilboudo, Bintou Kaboré, Delphine Kaboré, Pascaline Mané, Pascaline Ouédraogo, Hélène Sanou, Safiatou Soré, Hélène Tiendrébeogo, Julienne Tiendrébeogo et Alimata Zamtoko sont les premières stagiaires d’Afrika Tiss.

    Drapées dans leurs pagnes aux couleurs chatoyantes, les femmes se succèdent, faisant leur entrée dans leur nouveau lieu de formation, suivies de près par le formateur Tébi Madou, communément appelé Tébi.

Arrivée des femmes tisserandes lors du 1er jour de formations.

    Si la formation est censée se dérouler de 8h à 14h30, certaines stagiaires, plus que ponctuelles, font leur apparition dés 7h du matin. Une fois tout le monde arrivé, les femmes prennent place et écoutent avec attention Tébi présenter son parcours de formateur. Les stagiaires prennent ensuite timidement la parole pour se présenter. La majorité des femmes ne parlant pas le français, la formation se déroule principalement dans leur langue locale, le mooré.

    Pour le premier jour de formation Tébi a prévu un cours théorique général sur le tissage, ce qui lui permet d’aborder quelques notions essentielles et notamment : le calibrage et la longueur du fil,  la numérotation des peignes et leurs usages respectifs, la variété et la spécificité des motifs. C’est aussi une occasion pour Tébi de planter le décor tout en mettant les femmes à l’aise. Il parvient très vite à susciter une ambiance enjouée et décontractée.

Stagiaires étudiant le support pédagogique remis par le formateur

Tébi, le formateur, introduisant quelques notions théoriques

Interrogées par Tébi, les femmes manifestent un vif intérêt pour les détails techniques abordés et participent à la leçon avec assiduité.

Les femmes découvrent ensuite les métiers à tisser et prennent le temps de se familiariser avec leur futur outil de travail. Le centre disposant actuellement de 5 métiers à tisser métallique de 60 cm de large, elles s’organisent en binômes.

La pratique proprement dite du tissage ne pourra débuter que deux jours après la préparation des fils, étape préalable qui inclut :

 

  • L’ourdissage = Préparation des fils de la chaîne avant son montage sur le métier à tisser

L’ourdissage tient compte du nombre de mètres à tisser en termes de longueur de bandes ainsi que du nombre de fils à tisser en fonction de la largeur des bandes.

Etape du cannetage

  • Le cannetage = Opération consistant à enrouler sur une cannette le fil destiné à constituer la trame d’un tissu sur un métier à navette 
  • L’enfilage = Action qui consiste à rentrer les fils de la chaîne dans les lices
  • L’empeignage = Une fois passés dans les lices, les fils sont rentrés dans les peignes, c’est le  piquage de la chaîne.

Chaque journée de formation a son programme bien précis. Tout d’abord, le formateur introduit la séance par un cours théorique sur la manière de sélectionner les fils. Les stagiaires mettent ensuite cet enseignement en pratique en s’exerçant chacune leur tour sur les métiers.  

Les motifs sélectionnés trouvent leur inspiration dans le patrimoine textile de la province de Kossi, au Nord Ouest du Burkina Faso, région réputée pour la richesse et la diversité de ses tissages. Les femmes pourtant tisserandes découvrent ainsi des techniques dont elles sont peu familières. Si les débuts sont parfois difficiles, chacune finit par trouver son rythme.

Tébi montrant aux stagiaires la sélection des fils en vue de la réalisation du premier motif.

La formation se déroule dans une atmosphère familiale, bercée par les conseils bienveillants et instructifs du formateur, les francs éclats de rires des femmes et les repas partagés. La solidarité et l’entraide dominent les relations entre les stagiaires, les plus à l’aise n’hésitant pas à venir en renfort de celles rencontrant quelques difficultés.

Le dernier jour, chaque femme doit réaliser les motifs appris pendant la formation afin d’être évaluée. Lorsque la nuit se met à tomber, celles qui n’ont pas terminé leur tissage doivent s’interrompre. Elles auront la possibilité de revenir au Centre le lundi qui suit pour achever leur travail.

Le formateur tient à féliciter les stagiaires pour leur assiduité, leur bonne collaboration et leur performance. Quant aux femmes, elles font part de leur satisfaction : elles ont trouvé la formation très bénéfique et se réjouissent d’avoir acquis de nouvelles compétences qui leur permettront de se démarquer davantage de la concurrence.

Les stagiaires et Tébi, le formateur, le dernier jour de formation

Cette première formation s’achève par des applaudissements et un repas symbolique partagé entre les stagiaires, le formateur et l’équipe d’Afrika Tiss.  L’humeur est des plus festives et la soirée se prolonge au rythme des chants entonnés par les femmes et par des danses traditionnelles du Burkina Faso.